MICHAEL
- Émilie REDONDO
- il y a 4 jours
- 5 min de lecture
Année de sortie : 2026
Durée : 2h08
Genre : biopic, drame, musical
Réalisé par : Antoine FUQUA
Casting : Jaafar JACKSON, Colman DOMINGO, Nia LONG, Miles TELLER, Juliano KRUE VALDI, Jamal R. HENDERSON, Jayden HARVILLE, Tre HORTON, Jessica SULA, Kendrick SAMPSON
Synopsis : Biopic sur la carrière de Michael JACKSON, de ses débuts avec les JACKSON 5 jusqu'à l'année 1988.
Bref : Le Roi de la POP méritait bien mieux ! D'inutile à sans intérêt, amateurs et/ou avertis passez votre chemin !
Si vous aimez Michael JACKSON, si vous aimez sa musique, si vous aimez ses vidéoclips, si vous aimez sa créativité et son cœur charitable, si vous avez conscience de ses zones d'ombre, ce film n'est pas fait pour vous. Rien dans ce film n'est vraiment honnête : de l'origine du projet à la manière de raconter l'histoire, des événements choisis à la façon de les présenter.
La première approche de ce film se fait immanquablement par sa promotion. Le matraquage intensif, à coup de bandes-annonces et autres accroches (teasers), donne l'impression d'un super blockbuster révolutionnaire qui retrace l'intégralité de la vie et donc de la carrière du Roi de la POP. Or, elle est trompeuse et vise seulement à faire des entrées. Le synopsis officiel vend du rêve, mais ne correspond pas à la réalité du film. Hormis surfer sur la mode des biopics musicaux (Bohemian Rapsody, Respect, Amy, Elvis, Whitney Houston : I Wanna Dance With Somebody, Un parfait inconnu, Bob Marley : one love, etc.), le film en lui-même n'est qu'une gigantesque publicité à sa gloire, visant évidemment à relancer les ventes d'album du chanteur.
En réalité, ce film ne retrace pas la vie de Michael JACKSON, mais raconte une partie lacunaire et subjective de l'histoire, dont la temporalité commence à ses débuts avec les JACKSON 5 pour s'arrêter à l'année 1988 (avant le déclin musical et les scandales). Il manque donc 21 ans de la vie et de la carrière de l'artiste.
Pire, des pans entiers en sont laissés de côté (notamment la création de la chanson We are the World en 1985, son amitié avec Diana ROSS ou ses différentes collaborations musicales). Pour preuve, la sœur de Michael JACKSON, Janet JACKSON, l'autre superstar de la fratrie, n'existe même pas dans le film. La grande question concernant la façon d'aborder les scandales (l'attitude de la star avec les enfants) ne se pose pas puisque aucune allusion n'y est faite.
Les parts sombres et complexes de la légende sont littéralement absentes et les thématiques qui ont jalonnées sa vie sont traitées de façon superficielle, à chaque fois en une scène rapide (le racisme subit, le manque d'estime de soi, le vitiligo, etc.). Car, il faut laisser de la place pour les nombreuses scènes reconstituant ses concerts iconiques (les vrais étant tous disponibles par ailleurs) ou celles recréant les tournages de clips (dont de nombreux making-of existent). Bref, ce film n'apporte rien et n'est qu'une pâle copie sans grande utilité, tant il y a de documentaires plus complets et mieux réalisés.
Antoine FUQUA, habitué des films d'action (Infinite, la saga The equalizer, La rage au ventre, La chute de la Maison Blanche, Les 7 mercenaires [2016], Les larmes du soleil, Training Day, etc.), est un novice dans le genre des biopics et encore plus dans la sous-catégorie des biopics musicaux. C'est pourquoi, il a essayé de s'inspirer d'autres films dans la même veine (sans en avoir semble-t-il), comme Elvis ou Bohemian Rapsody, dont il reprend la structure.
Cependant, ici, tout est trop fade. La technique, la photographie, les décors, les costumes, tout donne l'impression du carton-pâte, sans âme, sans relief. Rien n'est vraiment expliqué (ex : les mystères autour de certains éléments de la garde-robe du chanteur, icône de mode). Pour compenser, la musique est poussée à fond dans les haut-parleurs et les jeux de lumières, quasi stroboscopiques, déclencheraient une crise à n'importe quel épileptique.
Le scénario se concentre à la fois sur la carrière du chanteur et sur l'histoire familiale, en particulier sur la relation toxique entre l'artiste et son père. Il met en exergue la violence, l'autoritarisme, et l'emprise de Joseph JACKSON sur sa famille et surtout sur sa poule aux œufs d'or de fils cadet. Cependant, cela reste superficiel au regard de ce que le grand public sait déjà de ces événements traumatiques pour l'enfant, puis l'adulte, qu'a été Michael JACKSON.
Loin de donner une image glorieuse de l'artiste, le film en dit, en revanche, beaucoup plus sur la complaisance du réalisateur et du scénariste qui semblent refaire l'histoire, plus que de simplement la raconter. Sans doute parce qu'à l'origine de la production se trouvent John BRANCHA (ancien manager de l'artiste) et John McCLAIN, respectivement co-exécuteur testamentaire et président de la Michael JACKSON Company, détentrice des droits d'auteur.
Certes, il fait bon réécouter les plus grands tubes des premiers albums de Michael JACKSON. Si ce n'est que ça, les plateformes (de streaming ou gratuites) peuvent permettre de se faire une playlist sans avoir à débourser le prix (exorbitant) d'une place de cinéma. D'autant que ce sont les chansons originales de l'artiste qui ont été utilisées, Jaafar JACKSON se bornant au playback.
On peut toutefois reconnaître que le neveu de Michael JACKSON, qui l'incarne et produit le film, a travaillé ses pas de danse et qu'il maîtrise particulièrement sa gestuelle et ses mimiques (notamment dans la scène reconstituant l'interprétation de Bad, lors du concert de Wembley en 1988). De la même façon, le jeune homme a parfaitement fait ressortir la terreur que Joseph JACKSON inspirait à son fils, même devenu adulte, dans son interprétation. Le fameux syndrôme de Peter Pan trouve aussi une explication relativement rationnelle, sans pour autant convaincre.
Sauf qu'encore une fois, savoir danser et avoir appris à bouger comme Michael JACKSON, ne fait pas de vous Michael JACKSON. Il manque "la lumière" dont parle justement le film. Celle d'un artiste, dont le mal-être a empoisonné toute la vie, mais qui a su quand même sortir d'un carcan paternel étouffant, pour offrir au monde sa créativité et son génie, qui ont été à l'origine d'une révolution musicale qui a marqué la culture moderne. Les choix faits pour ce film n'ont malheureusement pas été les plus pertinents ni les plus judicieux. Il n'y a qu'à espérer que d'autres essaieront de faire mieux, car ce film ne mérite pas de rester dans les annales des biopics musicaux.
Au final : Fans de Michael JACKSON, vous serez terriblement déçus ! Épargnez-vous le prix des places de cinéma et si vraiment vous avez envie d'entendre le Roi de la POP, mettez un CD ou allez sur les plateformes gratuites pour profiter autant de la musique que des clips ! Ce film n'est clairement pas à la hauteur de la légende !



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