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LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE

  • Photo du rédacteur: Émilie REDONDO
    Émilie REDONDO
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

Année de sortie : 2026

Durée : 1h41

Genre : drame, aventure, famille, historique

Réalisé par : Christophe BARRATIER

Casting : Lucas HECTOR, Nina FILBRANDT, Octave GERBI, ARTUS, Leslie MEDINA, Gérard JUGNOT, Pierre DELADONCHAMPS, Julien PESTEL, Franz LANG

 

Synopsis : Dans un petit village français, la population, qui se remet à peine de la Grande Guerre (1914-1918), voit revenir avec appréhension le spectre de la guerre. Les villageois sont impuissants face à l'invasion et résignés pendant l’occupation allemande à compter de 1939. Certains pourtant refusent de rendre les armes et comptent bien les prendre face à l'ennemi : François, Eusèbe et Lisa. Ces trois braves enfants décident secrètement que leur mission sera de résister aux nazis et de redonner sa fierté à leur village et à ses habitants. Sabotages, messages cachés ou évasions périlleuses, ils mènent des actions audacieuses et clandestines sous le nez de l’ennemi, embarquant les adultes parfois bien malgré eux.

 

Bref : Un bon film, lumineux et pédagogique ! Pour petits et grands !

 

Pour son retour sur grand écran, Christophe BARRATIER a choisi d'adapter la bande dessinée "Les enfants de la Résistance", de Benoît ERS et Vincent DUGOMIER. Le réalisateur a largement démontré sa capacité à diriger de jeunes acteurs et à traiter de sujets sensibles et douloureux, avec le vernis de l'innocence de l'enfance, confrontée à la dure réalité du monde adulte, prouve qu'il était tout désigné et qu'il reste une valeur sûre de la réalisation tricolore.

 

On pourrait immédiatement lui faire le reproche qu'il reste, une fois de plus, dans sa zone de confort : une histoire qui tourne autour d'enfants, contraints de grandir trop vite pour pallier à la défaillance des adultes, à leur lâcheté ou à leur absence, thèmes récurrents dans sa filmographie. Le jeune Lucas HECTOR, héros de ce nouvel opus, ressemble d'ailleurs de façon troublante au jeune Jean-Baptiste MAUNIER, à l'époque de "Les Choristes".

 

Christophe BARRATIER a aussi recruté des habitués de ses plateaux. Il retrouve Jérôme ALMÉRAS, comme directeur de la photographie (aussi sur Le temps des secrets, Envole-moi, L'outsider) et le compositeur Philippe ROMBI (officiant aussi sur Le temps des secrets, Envole-moi, L'outsider et La nouvelle guerre des boutons). Côté distribution, Gérard JUGNOT est fidèle au poste (Les Choristes, Faubourg 36, Comme par magie, La nouvelle guerre des boutons) bien que, cette fois-ci, son rôle soit secondaire.

 

Cependant, il n'y a aucun mal à garder les mêmes ingrédients, efficaces et que l'on aime, en changeant légèrement la recette, d'autant plus si le résultat est réussi. Le spectateur profite des magnifiques panoramas à la photographie onirique, sur une musique tantôt bucolique tantôt intense, au même titre que des lignes de dialogues bien calibrées, servies par une distribution aussi juste dans le jeu que dans les émotions.

 

Le scénario développe une histoire riche, dont la temporalité, étendue mais assez resserrée grâce aux ellipses, permet d'appréhender à la fois le déni face à un conflit qui semble lointain, puis l'abattement face à l'invasion et enfin le regain de fierté source de résistance pendant l'occupation. Le réalisateur pose les problématiques de ce temps de guerre : qu'il faut se méfier des apparences, que tout n'est pas noir ou blanc, et que chaque choix, même ceux d'enfants, peut entraîner des conséquences dramatiques.

 

La force de ce film réside aussi dans son actualité, car il nous rappelle que ce qui était valable à l'époque l'est encore aujourd'hui. La guerre, qui oblige à choisir son camp, les contraintes et les sacrifices qui l'accompagnent, sont inhérents à l'Histoire humaine. Le scénario du film démontre que ces événements impactent aussi bien les enfants que les adultes. La guerre et ses leçons se contrefichent de l'âge.

 

Certains éléments clés du scénario sont amenés habilement, bien que sans grande subtilité, ce qui permet aux plus jeunes spectateurs de raccrocher les wagons, tandis que les scènes les plus difficiles sont suggérées hors-champ, afin de ménager leur susceptibilité. Pour autant, cela leur confère une charge émotionnelle plus importante. À l'image, c'est de l'engagement d'ARTUS, dont la prestation est bluffante, qui se manifeste plus par sa prestance, sa présence physique, et son regard d'une grande intensité, que par le peu de dialogue qui lui est imparti.

 

Face aux événements, plus que les actions des enfants, dont le jeu est assez juste, mais dont l'intrigue du triangle amoureux est sous-exploitée, c'est le juste équilibre avec celles des adultes qui prend toute la place. Avec une technique filmique simple, mais efficace, le réalisateur nous rappelle que la résistance peut naître d'un rien (se taire ou agir), tandis que la collaboration naît de la peur et de l'ignorance, deux fléaux contre lesquels une partie de l'Humanité ne cessera jamais de lutter.

 

C'est à cette part de l'Humanité que ce film rend un hommage discret dans tout son symbolisme, et semble adresser un message, pas si subliminal que ça, aux jeunes générations : tant que votre boussole intérieure vous dicte de faire le bien, combattez le mal et l'obscurantisme de la lâcheté et du despotisme. Il semble ainsi renvoyer à une citation du philosophe irlandais Edmund BURKE : "Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien.". Un message optimiste, mais surtout nécessaire dans une époque où beaucoup ont oublié le goût des larmes et le sens du sacrifice, car trop choyés dans l'illusion d'une paix qui ne peut jamais être définitive.

 

Au final : Un très bon film qui doit servir de piqûre de rappel aux adultes et de source d'apprentissage pour les enfants, car on n'est jamais trop jeune pour être préparé au pire. Beau et nécessaire. À ne pas rater !

 
 
 

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