AVATAR 3 : DE FEU ET DE CENDRES
- Émilie REDONDO
- 20 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 janv.
Année de sortie : 2025
Durée : 3h17
Genre : Science-Fiction, action, aventure, fantastique
Réalisé par : James CAMERON
Casting : Sam WORTHINGTON, Zoe SALDANA, Sigourney WEAVER, Stephen LANG, Kate WINSLET, Cliff CURTIS, Jack CHAMPION, Matt GERALD, Dona CHAPLIN, Giovanni RIBISI, Britain DALTON, David MOORE,
Synopsis : Quelques semaines après les événements relatés dans AVATAR : LA VOIE DE L’EAU, la famille Sully vit toujours parmi les Metkayina, la tribu de l'eau. Chacun affronte à sa manière le deuil de Neteyam, le fils aîné de Jake et Neytiri, tué pendant le combat contre les envahisseurs venus du ciel (la RDA - Ressources Développement Administration - du "Peuple du ciel" alias les Terriens). Même s'il s’est très bien adapté au mode de vie des Metkayina, Jake décide de mettre Spider à l'abri, profitant de la venue des nomades Tlalim, les "Marchands du vent", pour le ramener auprès des Omatikaya. Malheureusement, ils croiseront la route des Mangkwan, le Peuple des Cendres, dirigés par Varang, qui tient Eywa, la grande Mère de Pandora, responsable de la destruction de leur territoire par un volcan. Ce n'est pas le seul adversaire que devront affronter Jake et sa famille, car de vieux ennemis n'attendent que le moment de ressurgir.
Bref : Déconcertant. Le film n'est pas mauvais, mais il n'est pas bon non plus.
Note préliminaire : le film a été visionné dans sa forme standard. L'analyse suivante peut donc être impactée si le visionnage est fait en 3D.
On ne présente plus James CAMERON, un des meilleurs réalisateurs de cinéma. Le canadien, aux près de 50 ans de carrière, a, depuis ces débuts, été un précurseur. Il est à l'origine des plus grandes avancées cinématographiques, que ce soit au niveau de la construction de l'image ou de la technologie utilisée (CGI, "motion capture"…).
Terminator, Alien, Abyss, Titanic, dans tous ses grands films, il a poussé la créativité encore et toujours plus loin, pour finalement exploser avec sa saga Avatar, devenant le "boss" du cinéma "technologique". Pourtant, le dernier-né de la saga soulève une question : n'est-il pas allé trop loin ? Comme dit l'adage, le mieux est l'ennemi du bien et Avatar 3 : de feu et de cendres pourrait parfaitement l'illustrer.
L'enchevêtrement du scénario et de la technique peut parfois desservir l'un et l'autre de façon connexe, mais ici, une fois n'est pas coutume, en resserrant la focale, on s'aperçoit que les deux ont des problèmes distincts dans leur cause et leur portée.
James CAMERON est très certainement l'un des seuls réalisateurs à construire ses plans avec une longue focale, composée de plusieurs niveaux (un avant-plan et plusieurs arrière-plans), en ayant une image nette (ou quasi nette) sur chacun d'entre eux, ce qui crée des plans d'ensemble complexes mais pas surchargés. Ses lignes de fuite sont agencées afin que l'œil du spectateur soit guidé entre les mouvements de ses personnages et ceux de sa caméra, comme dans la scène de vol permettant la découverte des paysages de Pandora (Avatar) ou ceux du peuple de l'eau (Avatar 2 : la voie de l'eau). Ces plans donnent une impression d'émerveillement et d'immersion grâce à leur profondeur, leur étendue et leur clarté.
Ici, le procédé de captation d'images est légèrement différent. Ce qui frappe dès le début, c'est leur ultra réalisme. L'immersion est telle que l'on a l'impression d'avoir chaussé des lunettes de réalité virtuelle. Même sans la 3D, l'image ressemble à celle d'un jeu vidéo (mode RPG pour "Role Playing Game") et c'est là que le bât blesse. Alors que la qualité de l'image statique est accrue, paradoxalement, les scènes d'action perdent en fluidité, que ce soit dans les mouvements des personnages ou ceux des caméras.
Les arrière-plans sont moins nets et l'on perçoit un décalage infime entre l'image, le personnage, son mouvement et celui de la caméra, ce qui finit par gêner au visionnage, tant l'œil et le cerveau tentent de compenser. En cela, le réalisateur a peut-être franchi une limite en basculant dans le "trop" virtuel. Or, le spectateur prend une place de cinéma pour voir un film, pas un jeu vidéo.
D'autant que si cette technique devient gênante au visionnage, le scénario plus que bancal n'arrange rien à l'affaire. On prend les mêmes et on recommence. Les trois films ont une narration construite à l'identique : découverte d'un nouvel environnement, menace du "Peuple venu du ciel", échauffourées, repli sur la "famille" et ses alliés, regroupement des forces alliées, affrontement final. Le nouvel ennemi à combattre arrive à peine à faire diversion. Malheureusement pas suffisamment pour cacher le fait que les principaux personnages ne font que régresser, que ce soit dans leur arc narratif ou dans leur psychologie.
Les militaires, et le gros du "Peuple venu du ciel", s'enferrent dans leur obsession du profit par la destruction, le colonel Quaritch se radicalise dans sa traque de Jake et des siens, Jake est incapable de changer son comportement d'ancien marine pour celui de père de famille (étonnant, lui qui s'est glissé dans la peau d'un Na'vi aussi pleinement), Neytiri seule face à son deuil semble s'effacer, comme leur père, les enfants n'ont retenu aucune leçon suite à la mort de leur frère… Cette forme de folie, selon la définition d'Albert EINSTEIN ("La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent"), finit par être agaçante.
Les maigres rebondissements font appel à des éléments des deux premiers opus, sans vraiment apporter de nouvelle composante. Le montage s'essouffle à force d'essayer de compenser une trame qui, elle-même, se prend les pieds dans le tapis. Les seuls dont l'histoire connaît une trajectoire intéressante sont Kiri et Spider, qui font preuve d'un réel courage et avancent chacun dans la découverte de leurs voies. Ils sont néanmoins "noyés" au milieu du reste, sans que leurs rebondissements narratifs ne soient suffisants pour relever le niveau.
Il semble que ce troisième opus souffre de la malédiction des films "du milieu" (Highlander II, Pirates des caraïbes 4-La fontaine de jouvence, Underworld 3-Le soulèvement des lycans, Star Wars épisode II, Mission Impossible 2, Quantum of Solace…) tant le scénario tourne en rond (et en bourrique le spectateur pendant 3h17 !). Il faut espérer que le réalisateur ne se soit pas reposé sur ses lauriers et que cet opus ne soit, en réalité, qu'une transition, sachant que deux autres suites sont en production.
Au final : Sans être trop exigeant, il est difficile de faire abstraction des gros points négatifs qui jalonnent cette production à grand spectacle qui, pour autant, reste à voir sur grand écran. Espérons que les prochains constituent le sursaut attendu. Qui sait… Cela s'est déjà vu…



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