ILS ÉTAIENT UN SEUL HOMME
- Émilie REDONDO
- 2 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 janv.
À voir sur : Amazon Prime
Année de sortie : 2024
Durée : 2h03
Genre : Drame, historique
Réalisé par : Georges CLOONEY
Casting : Joel EDGERTON, Callum TURNER, Peter GUINNESS, Sam STRIKE, Thomas ELMS, Jack MULHERN, Luke SLATTERY, Bruce HERBELIN-EARLE, Will COBAN, Tom VAREY, Joel PHILLIMORE, James WOLK, Hadley ROBINSON, Courtney HENGGELER
Synopsis : De jeunes hommes réunis grâce à une passion, autour d'un seul objectif : s'en sortir dans la vie. Leur histoire va entrer dans l'Histoire, car leur équipe d'aviron, représentant l'université de Washington, va stupéfier le monde en remportant l'or aux Jeux olympiques de Berlin en 1936.
Bref : Une petite merveille, émouvante et passionnante. À ne pas rater !
L'éternel Dr Ross (Urgences – E.R.) ou le "légendaire" Daniel Ocean (saga Ocean's) selon les goûts, n'a plus à démontrer qu'il est un bon acteur et un touche à tout. Sans éviter le faux pas (Jeu de dupes), Georges CLOONEY gagne aussi progressivement ses galons de réalisateur chevronné à chaque réalisation.
Familier des productions historiques (Monument men, Bienvenue à Suburbicon), l'acteur/réalisateur passe une nouvelle fois derrière la caméra, et s'empare à nouveau d'une histoire vraie et poignante : celle de l'équipe d'aviron de l'université américaine de l'état de WASHINGTON, qui, contre toute attente, sera sélectionnée pour représenter le pays à la bannière étoilée aux Jeux Olympique de 1936 à Berlin.
Éminemment politique, l'histoire raconte celle d'hommes de la classe ouvrière, réunis dans une petite embarcation, un huit de pointe, qui ne peut rivaliser de vitesse qu'à condition que ses membres rament à l'unisson. Au fil des entrainements, des courses, des victoires, le réalisateur nous entraine dans la lutte : la lutte des classes, la lutte contre soi-même, la lutte pour la victoire, pas seulement sportive. Ces luttes sont faites de choix, parfois évidents, parfois difficiles, dont les enjeux dépassent souvent le simple individu.
Le symbolisme est puissant, où que l'on regarde, et marque chaque aspect de l'histoire. Que ce soit dans les destins individuels ou dans le collectif, chaque personnage apporte sa pierre à l'édifice, comme l'équipe repose sur chaque équipier. Il parcourt la réalisation précise tant au niveau des cadrages, construits sur plusieurs niveaux, que dans les travelings, suivant les courses en plans large en plongée, ce qui donne une impression d'ivresse, mais seulement due à l'euphorie du challenge relevé.
Les destins croisés, les histoires personnelles nourrissent la cohésion naissante de ses rameurs. Portées par un casting qui offre une performance collégiale ébouriffante, les émotions, capturées en plans serrés ou en plans larges, dégagent toute leur force. Le spectateur est littéralement embarqué avec les rameurs, envahi par la solidarité, l'esprit sportif, la recherche de la course parfaite d'un "huit", celle où ils ne font qu'un, l'unisson du "swing".
L'écriture intelligente de son scénario permet le délicat équilibre entre la "petite histoire" du huit de Washington et la "grande Histoire" de l'entre-deux guerres, où la menace de la Seconde Guerre mondiale se profile dangereusement. Georges CLOONEY montre ici qu'il sait très bien jouer les funambules.
Nul besoin de s'attarder ou d'épiloguer sur les rivalités entre les équipes nationales, qui se battent pour représenter leur pays aux JO, ou encore sur l'arrivée dans l'Allemagne nazie. Les décors plantent justement le décor. Même une simple ligne de dialogue du speaker en arrière-plan sonore résume tout.
La photographie lumineuse (même en contre-jour), presque onirique, aux teintes chaleureuses, parvient à tempérer les scènes plus violentes, où le racisme, la discrimination et le fascisme, plus ou moins subtilement distillés, cherchent à entraver la fureur de vaincre et prennent à la gorge.
Pas autant, pourtant, que l'effort, la détermination de ces huit et de leurs entraîneurs où l'engouement des spectateurs de l'époque qui participent à l'émotion générale du film, à celles particulières des protagonistes, enveloppées dans une musique originale lyrique bien calibrée. Le mélange est à tel point réussi que l'on vibre avec les huit, on angoisse avec leurs entraineurs, on exulte avec les spectateurs.
Au final : Un petit bijou de cinéma discret qui aurait mérité une meilleure exposition lors de sa sortie en salle. Une histoire méconnue que ce film, fort et puissant, rétablit à sa juste place dans la grande Histoire. À rattraper sans tarder !



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