DES MINIONS ET DES MONSTRES
Dernière mise à jour : 14 août
Année de sortie : 2026
Durée : 1h29
Genre : animation, aventure, comédie, famille
Réalisé par : Pierre COFFIN, Patrick DELAGE
Casting : Pierre COFFIN, Alexandre ASTIER, David MARSAIS, Laurent POITRENAUX, Camille COTTIN
Synopsis : Une histoire aussi rocambolesque qu’absurde, mais bien sûr totalement véridique, qui raconte comment les Minions, partis à la conquête d’Hollywood, sont devenus des stars de cinéma, pour finalement tout perdre, en libérant au passage une bande de monstres déchaînés, avant de s’unir pour tenter de sauver la planète de ce nouveau désastre à leur actif.
Bref : les Minions sont de retour en noir et blanc, puis en technicolor, pour une bonne tranche de rigolade ! Autant pour les petits que pour les grands !
Quelques semaines seulement après la sortie de Super Mario Galaxy, le studio ILLUMINATION est de retour avec le troisième opus des aventures des Minions : Des Minions et des Monstres. Comme dit le dicton : quand on a trouvé le bon filon, c'est dommage de creuser à côté (1,15 milliard de dollars de recettes pour Les Minions en 2015, et 940 millions de dollars pour Les Minions 2 : il était une fois Gru en 2022) !
Contrairement à ses concurrents, le studio sait s'y prendre pour faire des suites qui rapportent. Leurs cartons au box-office ne sont pas dus au hasard : le budget est maîtrisé, le temps est pris pour une animation soignée, les histoires sont généralement bien écrites et originales, et les personnages sont agaçants/attachants. C'est le cas encore cette fois-ci.
Grâce à la mythologie même des Minions, annoncée depuis le premier film, Les Minions (2015), comme étant des êtres vivants depuis l'aube des temps sur notre belle planète, le filon d'histoires semble inépuisable. Fondement idéal, s'il en est, pour développer à l'infini des scénarios mettant en scène ces êtres résistants à tout (à la torture, aux explosions, aux mutations et même au plus fort du ridicule), dans toutes sortes de situations, qu'elles soient comiques, tragiques, horrifiques ou fantastiques.
Là où les deux premiers films sont restés dans une rationalité propre à leur temporalité (le premier se déroulant en 1968, entre une rencontre avec des criminels de haut vol et un détour par Buckingham Palace, et le deuxième dans les années 1970, où ils rencontraient le jeune Gru, leur futur "Big Boss", et s'essayaient au Kung Fu), le troisième film décide de combiner le cinéma de la fin des années 1920 et le fantastique.
Pierre COFFIN, qui réalise seul ce film, cette fois-ci, choisit de faire évoluer la franchise. Après Kevin, Stuart et Bob, il décide de faire sortir du lot trois "nouveaux" Minions, qui seront les héros de l'histoire : James, Henry et Ed. James adore dessiner et retrace en image les aventures de ses compagnons. Henry le défend lorsque les autres Minions se moquent de lui et lui en veulent de son inattention aux conséquences parfois dramatiques. Ed, quant à lui, leur sert de compagnon de route silencieux et de soutien discret, mais décisif.
Le réalisateur, qui est aussi à l'origine de l'idiome si particulier propre aux Minions et qui les double une fois encore, conserve la volonté d'insérer une histoire à tiroirs dans l'écriture de son scénario, tout en y ajoutant une grille de lecture secondaire.
Le premier tiroir est principalement réservé aux enfants. N'échappant pas à la tradition, ce troisième film retrace d'abord un florilège des différents grands méchants au service desquels les Minions se sont retrouvés (cyclope, momie égyptienne, pirate, etc.), soit par la force des choses, soit par le plus pur burlesque des hasards, prétexte à quelques séquences hilarantes, ponctuées d'anachronismes savoureux.
Leurs tribulations finissent par les conduire dans l'ouest américain, dans un Los Angeles en pleine explosion du très jeune septième art. Après être devenus des stars d'Hollywood, l'arrivée du cinéma parlant y mettra un terme, pour des raisons évidentes. Tandis que la majorité des Minions se remettent en chasse d'un nouveau "Big Boss" (comme de coutume avec plus ou moins, mais surtout moins, de succès), Henry et Ed accompagnent James, qui souhaite réaliser un film de monstres.
Au-delà des gags potaches et autres comiques de situation, allant du ridicule au cocasse, le second tiroir n'échappera pas aux grands (mais sûrement aux petits) qui pourront s'amuser à repérer les différentes références au cinéma, toutes époques confondues : Les Temps modernes (Charlie CHAPLIN, 1936) en est l'exemple le plus évident (il y en a beaucoup d'autres : à vous de jouer !). Elles en sont un vibrant hommage, tout comme le fait que, grâce aux velléités de James de faire un film, toutes les étapes y sont détaillées, tout comme les difficultés que cela peut représenter, comme une sorte de notice explicative ou "comment faire un film pour les nuls".
Un sous-texte parsème également tout le film. Comme pour les autres opus, des thématiques sont récurrentes : la différence est une force, l'inclusion est bénéfique, la naïveté n'est pas forcément un défaut, attention de ne pas faire confiance aux beaux parleurs, les promesses n'engagent que ceux qui y croient, etc. Grâce à la simplicité du fonctionnement du Minion, parfois agaçant, des grandes leçons de morale peuvent ainsi être évoquées.
En plus des thématiques habituelles, le réalisateur glisse une critique du système en lui-même : les studios de cinéma sont symbolisés par des monstres qui en créent d'autres (des blockbusters), de plus en plus gros, et qui s'entendent entre eux pour dévorer les petits poissons (films indépendants). Les frères Bright (PDG du studio de cinéma dans le film), fac-similés des frères Warner (créateurs du studio Warner Bros., et exploitants de la franchise des Looney Toons de Tex Avery), figurent la représentation de ce qui gangrène la production cinématographique américaine d'aujourd'hui : la créativité et la qualité sacrifiées sur l'autel de la recherche du bénéfice infini, constant et croissant.
Loin d'être la "simple" histoire de personnages bizarres, tout jaunes, sans oreille ni nez, vêtus d'une salopette en jean (dont on apprend l'origine), agaçants d'ânerie, qui ne semblent pas avoir inventé l'eau chaude, celles des Minions racontent toujours une autre histoire en arrière-plan et c'est ce qui les rend aussi attachants.
Au final : une suite bien faite, qui s'adresse à tous les publics ! Drôle et intelligent ! Une (très) bonne idée de sortie climatisée par temps chaud !
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