SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY
- Émilie REDONDO
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Année de sortie : 2026
Durée : 2h25
Genre : action, aventure, fantastique, comédie, drame
Réalisé par : Destin Daniel CRETTON
Casting : Tom HOLLAND, ZENDAYA, Sadie SINK, Jacob BATALON, Jon BERNTHAL, Florence PUGH, Tramel TILLMAN, Michael MANDO, Mark RUFFALO, Liza COLON-ZAYAS, Marisa TOMEI
Synopsis : Dans un monde qui ne se souvient plus de lui, Peter Parker poursuit sans relâche sa lutte contre la criminalité. Mais sa vie solitaire et le décalage avec ses amis, qui avancent désormais sans lui dans la vie, provoquent un changement chez Peter qu’il n’est pas sûr d'arriver à contrôler. Pourtant, cette mutation pourrait être sa seule chance de s’opposer à un adversaire terrifiant, capable d’agir sans jamais être repéré, et prêt à s’attaquer à la ville et à tous les proches de Spider-Man. Car si le monde l’a oublié, Peter Parker, lui, se souvient…
Bref : SUPER, comme son héros ! Réussi, malgré le risque de "la suite" de trop ! Mieux : on en redemande !
38ème film de l'univers cinématographique Marvel (MCU), et 2ème de sa phase 6, Spider-man : Brand New Day émerveille autant qu'il rassure. Il rassure, car depuis quelques années, le studio MARVEL va de déconvenues en déconfitures. Ces dernières années, rien que sur le plan cinématographique, excluant les séries télévisées, les bonnes nouvelles se font rares. Assez représentative, l'année 2025 a fourmillé de sorties, mais a tristement alterné entre le catastrophique Captain America : Brave New World, le tiède The Thunderbolts* et le moyen Les 4 Fantastiques : Premiers pas.
Rien d'étonnant donc que le studio se rabatte sur la franchise la plus rentable de son catalogue (Spider-Man : No Way Home ayant atteint plus de 1,9 milliard de dollars de recette), celle du héros à la toile, personnage emprunté à SONY (qui s'en mord d'ailleurs toujours les doigts). La prise de risque est donc ici minime. Pour autant, la pression sur Destin Daniel CRETTON était bel et bien présente, et lourde est la responsabilité de faire une suite à une saga qui compte déjà trois films.
Pari réussi pour le réalisateur qui est notamment parvenu à raccrocher tous les wagons en même pas 2h30 de film. Le premier wagon est celui du film précédent. L'histoire se poursuit dans la continuité de Spider-Man : No Way Home et de son final poignant. Le deuxième wagon est celui des autres sagas Spider-Man, précédemment incarnés par les excellents Tobey MAGUIRE et Andrew GARFIELD, grâce à des clins d'œil à leurs scènes les plus mémorables, voire cultes.
Le troisième wagon est celui du MCU cinématographique, puisque le film y inclut des caméos des personnages des phases précédentes ou d'autres franchises (tel le soi-disant grand méchant du film), comme celui du Punisher (qui se révélera être un personnage secondaire important de ce film). Le quatrième wagon est celui du MCU au sens large, incluant des références aux séries MARVEL, notamment celle subtile faite au SHIELD et à son destin tragique.
Le plus impressionnant, c'est que le scénario, qui réserve son lot de surprises jusqu'à la fin, intègre parfaitement tous les éléments de ces différents wagons dans un train tout à fait cohérent. Un train qui file d'ailleurs à une allure d'enfer, même si le montage bien rythmé parvient à trouver un équilibre certain entre la douceur, que requièrent les scènes d'émotion, celui un peu plus rapide du thriller d'enquête et le tombeau ouvert que sont les scènes d'actions et de poursuites.
Ces dernières bénéficient du soin apporté aux effets spéciaux, dont il est agréable de retrouver une bonne qualité (le spectateur se sent flotter avec le héros lors des scènes de voltige). Le seul bémol sera de noter que les arrière-plans ont tendance à être un peu flous, ce qui reste dommage, mais n'entache en rien l'impression donnée par le premier plan.
La technique maîtrisée du réalisateur de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux (2021) est aussi largement mise au service des arcs narratifs des différents personnages. Car, même si Spider-Man : Brand New Day est une suite par nature, le film entame un nouveau chapitre de l'histoire de l'homme-araignée. Conservant une volonté de continuité, il induit néanmoins de nouvelles possibilités, tout en restant cette fois-ci bien ancré dans l'univers connu, loin du multivers.
Cela permet de développer des thèmes philosophiques profonds au gré des méandres des situations et des sentiments auxquels sont confrontés les personnages, que ce soit pour ceux qui ont oublié, qui doivent faire sans les informations ou quoi en faire en les récupérant, ou pour celui qui se souvient. Cela permet surtout de remettre le seul Peter Parker au centre de l'intrigue, de la trame narrative et des problématiques de son état en pleine mutation.
Le manichéisme du héros, devenu relatif (héritage de ses mésaventures passées), se heurte à ces nouveaux développements, mais aussi aux antagonistes qui se dressent sur sa route et qui l'obligent à affronter la solitude forcée d'un humain (pourtant animal grégaire), la peur de la perte, la perte effective, l'ambivalence entre la nécessité d'avancer et la volonté de ne pas lâcher prise sur ce qui n'est plus, et le deuil que cela entraîne.
Toutefois le vrai fil rouge de la narration s'articule autour de la différence, plus encore que dans les opus précédents. Cette différence qui le touche, qui le transforme, qui le terrifie, qu'il rejette de prime abord par peur, puis qu'il embrasse, et qu'il n'est pas le seul à vivre. L'autre personnage important du film l'expérimente également. Ce parallélisme rend l'histoire plus profonde, parfois plus terrifiante, mais certainement plus touchante.
Ces développements scénaristiques, tant au niveau des arcs narratifs des personnages que de la mythologie de l'univers Spider-Man, laissent étonnamment entrevoir de beaux jours pour la saga. La question qui se pose maintenant tourne plus autour de son intégration et de son positionnement dans le MCU global, d'autant plus avec la sortie prochaine d'Avengers : Doomsday à la fin de l'année 2026.
Au final : une des rares sagas qui ne perd pas en qualité au fil des différents films. Celui-ci est sans conteste l'un des meilleurs ! Frisson, émotion, action, pas le temps de reprendre son souffle ! Au risque de se répéter : on en redemande !
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